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Il me retrouvera (Partie I)

Tags: elle raquo

-Elle ne viendra pas, lui ricana-t-il à l’oreille.
-Elle viendra. Elle vient toujours. Elle est souvent en retard mais elle finit toujours par arriver.

Il scrutait le paysage comme si sa vie en dépendait.

Il n’aurait pas dû choisir le toit d’un gratte-ciel pour attendre! Le réveil de la ville sous ses pieds le rendait de plus en plus nerveux. Cette aurore insolent et ses gens qui commencent à sortir de chez eux l’agaçaient. Il y avait beaucoup trop de monde, même s’il voyait à peine le haut de leurs têtes, leur va et vient l’agacent. Oui il peut les faire partir un à un s’il le désirait, mais il n’avait pas la tête aux détails maintenant! Il ferma les yeux pour changer de décor.
Voilà! C’est nettement mieux maintenant!
La campagne c’est calme et surtout: vide!

-Je te signale que ça fait plus d’une heure que tu attends, se moqua l’autre en tamponnant l’épaule du jeune homme avec sa queue, je te paris ce que tu veux qu’elle ne viendra pas! »
-La ferme! Elle viendra! Elle a juste du mal à dormir ces derniers jours! Elle me l’a dit la dernière fois. Et range ta queue et arrête de voltiger atour de moi tu me donne le vertige. »
-Ou lala! Mais c’est qu’il essuie sa colère sur les plus faibles maintenant! »
-Chut tais-toi… »
Un sourire illumina son visage.
-Elle est là.
-Où ça? Je ne vois personne moi! Tu n’aurais pas des hallucinations dis? Il passa sa petite patte à trois doigts sur le visage rayonnant du jeune homme, mimant de prendre sa fièvre.
-Tu sens pas cette odeur le lavande et de Jasmin? Moi je n’ai jamais d’odeurs dans mes rêves! Ça, c’est elle! » Expliqua-t-il le sourire de plus en plus large
-Et puis regarde: le paysage se remplit de petits détails! Tu vois ce fleuve là-bas à l’horizon? Tu crois que c’est mon genre? La petite barque, la ruche.. et puis regarde-moi ce ciel: un dégradé sur trois tons, tu crois que ça vient de moi ça? Et puis écoute un peu, tu entends ce morceau de Piaf?
-Je vois, fit la créature, presque déçue, j’entends même de la musique… attends.. je connais cet air..
– Nocturne n°1 de Chopin! Tous ces petits détails, toute cette finesse.. C’est elle! Elle doit être en route!
– Ah bah dis donc! Et bien si j’étais toi je changerai de tenue avant qu’elle ne soit là! »
– Oh oui merde, j’ai failli oublier!

En quelques secondes, il changea de tenue à sept reprises allant du jean décontracté, au costume puis au short pour enfin opter pour un jean délavé, un pull col V et un chapeau de feutre bleu.

– Ah! Ça y est, elle est là! Allez dégage! Vite ! Vite!
– C’est toi l’patron! , et il disparut dans un « pop » sourd.

Au fur et à mesure qu’elle approchait, la musique devenait plus audible et l’atmosphère autour de lui se réchauffait.
Elle portait une robe, comme à chaque fois. Une robe courte cette fois et il ne pouvait pas rater ses jambes. Ce ne sont pas les jambes interminables des actrices télé, mais il les trouvait magnifiques.
Elle le regardait fixement en s’approchant, avec un sourire en coin qui illuminait ses yeux. Quand elle arriva à un mètre de lui, des tulipes rouges se mirent à pousser autour de lui.

-C’est pas trop tôt dit moi!, lui lança-t-il faussement boudeur.
– Tais-toi et embrasse-moi!, rétorqua-t-elle, se mettant à genoux devant lui.
– Et elle fait la maligne en plus!
Et il l’attira à lui pour l’embrasser.

-Bonjour, souffla-t-il entre ses lèvres
-On est obligés?
– Haha, oui j’ai entendu la « nocturne ». Non on n’est pas obligé!

Il claqua des doigts et la nuit s’installa sur la colline, avec une pleine lune à couper le souffle.
-Tu sais bien que ton claquement de doigts ne sert absolument à rien, le taquina-t-elle.
-Oui je sais, mais ça fait plus « madame est servie »!
-Mmmm.. Lucky me!
Il l’embrassa à nouveau.
– Bonsoir jeune demoiselle!
Elle lui rendit son baiser.
-Bonsoir bel inconnu.
-Pourquoi tout ce retard? Toujours autant de mal à dormir? »
– Non. Cette fois c’est autre chose. Je te raconterais plus tard!, fit-elle en s’asseyant devant, lui tournant le dos et s’adossant à son torse. Mais avant dit moi, la campagne? Toi? Depuis quand? Monsieur deviendrait-il un romantique tout à coup? »
Il faisait sombre, mais avant qu’elle ne se retourne, il a eu le temps d’entrevoir son expression voilée et les traits légèrement crispés de son visage.
Décidément, quelque chose n’allait pas.

-Pas du tout! et puis quoi encore, fit-il mine de rien, mais quand on attends pendant plus d’une heure l’arrivée de madame, le vas et viens et le bruit de la ville n’est surement pas fait pour nous détendre! Tu veux qu’on y retourne?
-Non, restons là. Je vais juste rapprocher un peu plus la rivière… Voiiilà! là c’est parfait!

Sa voix avait quelque chose d’inhabituel. Il le sentait.

Toute son attitude d’ailleurs. Elle était tendue et s’empêchait de dire quelque chose. Il ressentait ça tout de suite quand elle a envie de parler de quelque chose mais qu’elle évite de le faire, ou n’y arrive pas.

D’habitude, quand elle s’asseyait ainsi devant lui et qu’il passait ses bras autours de sa taille, son premier réflexe était de reculer pour mieux se coller à lui, effaçant tout espace entre eux!
Mais ce soir, elle ne bougea pas et c’est lui qui, n’étant pas habitué à cet espace, avança vers elle instinctivement. C’est un petit détail de rien du tout, mais c’est très révélateur quand il s’agit d’elle.

Après un long moment de silence que seules leur respiration et la mélodie triste d’un saxophone au loin rompait, il lui chuchota à l’oreille:

-Tu veux en parler? »
-…
Elle soupira.
Il la serra de plus belle.

-C’est drôle que tu aies choisi cet endroit-là parmi tous et précisément ce soir!, souffla-t-elle en souriant tristement.

C’est là qu’il se rendit compte qu’ils n’étaient pas sur n’importe quelle colline, mais sur LA colline! Celle-là même où ils s’étaient rencontrés la première fois. Dans son rêve à elle.

A l’époque, elle avait les cheveux plus courts et quand il est tout à coup apparu de nulle part dans son décor, elle l’a mal pris. Ils se sont chamaillés sur qui était dans le rêve de qui. Quand preuve eu été faite que c’était lui qui s’était invité dans son rêve à elle, il lui fut « ordonné » de déguerpir sur le champ.
Cependant vu que ça n’avait pas l’air d’être dans ses projets, elle s’était mise à fulminer et à lui crier dessus. Elle lui a même lancé des pierres ce soir-là, la « petite tigresse », comme il s’amusait à l’appeler de temps en temps! Elle l’a menacé de faire apparaître les monstres les plus terrifiants pour le faire partir.
Mais elle ne l’a pas fait.
Et lui, il a calmement attendu que l’orage passe et qu’elle arrête de crier. La regardant avec ses grands yeux attendris, de plus en plus amusé, ce qui avait le don de l’agacer encore plus.

Une fois qu’elle fut fatiguée et qu’elle se soit calmée, il quitta la branche d’arbre sur laquelle il s’était perché pour rester hors de portée de ses pierres -qui soit dit en passant l’auraient atteint si elle en avait vraiment eu envie vu que c’était son rêve à elle- et s’avança vers elle pour la poigne tendue.

-Bonjour mademoiselle, je m’appelle Orion. Il me semble qu’on est voisins de palier et qu’on va devoir partager ce rêve. Je suis donc venu vous dire bonjour et faire connaissance. Et je ne dirais pas non à un bon café bien sucré! »
Prise au dépourvu, elle le fixa pendant quelques secondes avec des yeux tout ronds, puis éclata de rire.
Depuis ce jour, il ne se remit plus de ces yeux-là ni de ce sourire-là!

– Mais je crois qu’à l’époque il n’y avait pas de rivière ici, non?
– Peu importe comment c’était, l’essentiel c’est comment on s’en rappelle non?, répondit-elle, sans réussir à cacher la tristesse dans sa voix.
– Absolument! Finalement, qu’est-ce que le réel sinon un imaginaire commun!

– Orion…
– Oui Cassiopée…?
– Tu crois que nous existons vraiment?
– Qu’est-ce que tu veux dire?

– Je veux dire ailleurs qu’ici, en dehors de nos rêves, tu crois que nous existons vraiment? Je sais que toi tu sais que tu es « réel » et que tu existes en dehors du rêve. Et moi de mon côté je sais que j’existe en dehors de nos rêves. Mais je sais aussi que mon esprit est assez tordu pour créer un personnage avec une histoire, une mémoire et les milliers de détails nécessaires pour le rendre aussi réel que possible. Je me sais capable de « monter » une réalité très crédible. Ou peut-être est-ce moi qui suis ton personnage et que c’est ce que je suis sensée « penser » à ce moment! Es-tu certain que nous soyons tous les deux réels? Que nous ayons tous les deux une vie à notre réveil?
-Oui, j’en suis persuadé! Toi tu es peut être capable de m’avoir inventé de toutes pièces, mais moi, j’en suis incapable. Tu es faite de ce que j’ignore. Mon cerveau ne peut pas avoir puisé dans ce qu’il ne connaît pas pour te créer.
– Tous les livres de psychologie me disent que je t’ai créé de toute pièce! Que tu es ma manière de « fuir » la réalité! Et si jamais tu n’existais qu’ici? Tu t’appelles Orion! Tu te rends compte? C’est ma constellation préférée! Et même si on était tous les deux réels, qui nous dit qu’on est de la même époque? Ou qu’on est de la même planète? Ou qu’on va pouvoir se rencontrer un jour. Quand je suis ici mes souvenirs du monde réel sont flous. Je ne sais même pas si je me rappelle de toi à chaque fois qu’on se réveille.
– Arrête de te tourmenter Cassy! Nous existons, nous sommes tous les deux réels! Nous n’avons pas réussi à nous dire nos prénoms ni aucun détail de notre vie « réelle », comme tu l’appelles! A chaque fois qu’on tente de le faire on provoque une catastrophe et on se réveille en panique! Pour moi c’est la preuve que nous avons bel et bien une vie en dehors de nos rêves qu’il nous est interdit de dévoiler ici! Je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans cet état ce soir! »
– Parce que je ne supporte pas l’idée que je risque de me réveiller dans un monde sans toi! Je ne supporte pas l’idée que mon rêve ne soit qu’un rêve! Qu’un jour je risque de ne plus avoir l’espoir de te retrouver.

Il l’embrassa dans le cou.

– Tu sens ça? Tu sens mes lèvres et mon souffle dans ton cou?
– Oui Orion, soupira-t-elle.
– Qu’est-ce qui est plus réel que ça? Cassy, au fur et à mesure qu’on se voyait, j’ai appris à te « savoir », pas seulement te connaitre. Je te sais Cassy! Par tous les sens qui m’ont été donnés je te sens et je te sais! Je te sais réelle, je te sais toi, je saurais reconnaître toutes les particularités qui font de toi qui tu es! Je sais ton odeur, je sais tes humeurs, je sais la texture de ta peau! Je sais à quoi tu aspire et de quoi tu es capable! Tu es aussi réelle que la réalité puisse être! Et si je déteste quand tu utilises e mot « vie réelle », c’est parce que ça aussi c’est réel! Rien ne saurait être plus réel! Je ne peux pas « être » plus intensément que lorsque je suis avec toi ici! Alors arrête de te tourmenter et dis-moi plutôt ce qui se passe? Pourquoi tu es si anxieuse ce soir?

Elle s’était retournée sur le côté et la tête sur son épaule le couvrait d’un regard à la fois attendri et triste.

-Il est revenu me voir.

Une masse se forma dans la gorge d’Orion et son ventre se noua.
– Quand?
– Ce soir. J’essayais de m’endormir et quand je me suis retournée sur le côté, il était là, debout de l’autre côté du lit. Avec la même cape que la première fois. Quand il s’est adressé à moi, j’ai cru mourir, sa voix est toujours aussi caverneuse et elle m’a fait le même effet que la première fois, cette sensation que quelque chose de terrible guettait. »
-Qu’est-ce qu’il t’a dit?
Il savait qu’il ne devrait pas poser cette question mais il le fallait.
Le sol commença à trembler. La lune fut cachée par des nuages massifs et le tonnerre se fit entendre au loin.
Ça commençait.
Elle frissonna et se colla à lui. Elle essayait de faire bonne figure mais il pouvait sentir à quel point elle était terrifiée.
-Orion, arrêtes.. tu sais qu’on ne peut pas…
-Qu’est-ce qu’il t’a dit Cassiopée?, Cria-t-il, tentant de couvrir le grondement de la tempête qui s’approchait à grande vitesse.
Elle commençait à paniquer, ses yeux écarquillés fixant l’horizon et la tornade qui s’y étaient formée.
Insensible au changement de décor autour d’eux, Orion lui pris le visage entre les mains criant de plus belle « répond moi vite Cassy, on n’a plus de temps! »
-Il a dit que j’ai failli à ma quête et qu’il était temps que je te fasse mes Adieux. Il a dit que j’allai payer pour les « dégâts » que j’ai causé et que car on ne va plus se voir! »

Une gifle lui aurait fait moins d’effet! Il sentit son sang se glacer littéralement dans ses veines!

– Pourquoi tu ne me l’a pas dit dès le début?
-Parce que je voulais passer un dernier rêve paisible et aussi long que possible avec toi. Sans ça! Fit-elle en regardant en direction de la tornade qui s’était dangereusement rapprochée. Le paysage qui les entourait, absolument magnifique il y a à peine quelques minutes, commençait à s’écrouler comme un château de cartes et prenait des airs d’apocalypse.
Cassiopée tremblait comme une feuille dans ses bras. Il la releva et la serra contre lui à lui briser les os.
Des larmes coulaient sur ses mains qui tenaient encore le visage terrifié de Cassiopée. Il l’embrassa comme il ne l’avait encore jamais fait.

-Je t’aime Orion. Je ne veux pas que tu partes. Si j’avais eu le choix, je choisirai de mourir ici avec toi que de me réveiller et me retrouver dans un monde où tu n’existes pas!
– Moi aussi je t’aime Cassiopée!

L’eau de la rivière débordait et s’engouffrait à grands flots dans les fissures qui s’étaient formées dans la terre. Le sol tremblait sous leurs pieds. Le paisible paysage de campagne qui les entourait il y a à peine quelques minutes, prenait des airs d’apocalypse.

De ses mains tremblantes, Orion enleva un collier de son cou et le passa autour de celui de Cassiopée.
Effrayée, elle tenta de l’en empêcher:

-Non Orion, non! Tu sais qu’on n’a pas le droit! Ils vont te le faire payer! Je refuse! s’esclaffa-t-elle en tentant de le repousser.
-Cassy! Cassy, écoutes moi! Garde le je te dis! Tu dois le garder! C’est important! Moi aussi il m’est arrivé des choses, et je sais des choses que je ne peux pas te dire! Alors fais-moi confiance et garde le!
Elle le laissa faire à contrecœur.
Une fois le pendentif en argent contre sa peau, il lui serra les joues entre ses mains:

-Regarde-moi Cassy! Écoutes très bien ce que je vais te dire: Je suis réel et je te retrouverai, tu m’entends! Répète après moi: il est réel et il me retrouvera! »
– Mais comment tu vas faire? Tu n’as..
– Ça c’est mon affaire! Répète, vas-y: Il est réel et il me retrouvera!, Lui ordonna-t-il sur un ton sans équivoque que même la tempête et le puissant échos de l’eau s’engouffrant dans les gouffres formés à quelques mètres d’eux ne réussissaient pas à couvrir.
– Il est réel et il me retrouvera!, marmonna-t-elle.
– Encore: Il est réel et il me retrouvera.
– Il est réel et il me retrouvera!
-Encore!!!
– Tu es réel et tu me retrouveras Orion! Il faut que tu me retrouves!, cria-t-elle avec autant de force qu’elle le pouvait!
– Rappelle-toi ces mots Cassiopée! Ne les oublie jamais jusqu’à ce que je te retrouve. Parce que je suis réel et je te retrouverai!

Ils tremblaient tous les deux comme des feuilles et elle sentait ses lèvres mouillées de larmes s’écraser contre les siennes …
Il était réel.. rien ne pouvait être plus réel que lui.. que ça.; ses lèvres.. sa chaleur.. sa sueur.. son odeur.. ses mains.. cette boule au fond de son ventre à elle quand il la serrait.. il était réel.; et elle le savait.. maintenant elle en est certaine.. et il trouvera un moyen..
Leurs lèvres refusaient de se détacher .. niant dans ce léger contact de peau tout ce que se paysage apocalyptique exprimait…Elle sentait le gout des lares dans sa bouche, es siennes, et celles d’Orion..
Il était réel.. elle le savait.

– Maya!! Maya réveille-toi! C’est rien ma chérie! Là là! Ce n’est qu’un cauchemar ma chérie!

Elle était de retour dans sa chambre.

Sa mère, le regard inquiet, lui essuyait le front et les yeux.

– Calme-toi mon enfant! C’est qu’un cauchemar!

Elle ressentait toujours la chaleur des mains d’Orion sur ses joues et le gout de ses lèvres et de leurs larmes dans sa bouche.

Elle passa sa main sur son cou.
Le collier.
Il était là.
Orion était parti, mais le collier, lui, est resté.
Ils l’ont fait!
Ils ont déchiré le voile!
Ils ont brisé le pacte!

Elle sentit un éclair de douleur et de terreur lui traverser tout le corps!

– Non! Il est réel je le sais! ,murmura-t-elle, Il est réel et il me retrouvera!
-Maya, qu’est-ce qui te prend ma chérie, tu dors encore?
Elle serra le bras de sa mère, visiblement confuse, et la regarda avec de grands yeux en larmes, sans vraiment la voir.
-Je le sais! J’en suis certaine: Il est réel! Et il me retrouvera.

(A suivre)

Nayress.




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