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This is Major Tom to Ground Control!




Eh ben ça y est ! C'est arrivé, lecteur. Et crois-moi il faut mériter d'arriver à bon port ! Je te raconte tout ça.

Tu commences vraiment à comprendre dans quoi tu t'es empêtré le jour où tu arrives à l'aéroport avec ta famille et qu'au check-in des bagages, tu n'es pas (ou presque, ma mère a tenu à rester, ou plutôt elle s'est imposée) autorisé à être accompagné.
Et puis ensuite, tout est allé très vite, j'ai vu quelques personnes de WEP qui allaient jusqu'à New-York, tout comme moi:


Voilà, après est venu le moment des adieux et là je me suis dit que si moi ou ma mère nous mettions à pleurer c'était la fin, mais comme elle l'a si bien dit avec son ton de viking qui a fait la guerre: "On ne pleure pas chez les Guidoin ! "

J'ai donc réussi à ne pas pleurer devant mes parents et ma sœur, ni dans l'escalator avant la porte d'embarquement, ni même lorsque l'avion a décollé. Ce n'est que lorsque les lumières se sont éteintes, que lorsque l'hôtesse a demandé aux passagers de fermer les volets des hublots, ce n'est que là que j'ai pu verser quelques larmes pudiques, cachées par le synthétique de ma couverture. 
Après ça, j'ai regardé Le temps de l'Innocence avec Daniel Day Lewis. Je crois que ce film m'a encore plus fichu le bourdon.  

...


J'ai tenté de dormir par la suite, mais je n'y suis pas parvenue, je n'arrêtais pas de penser à ce que j'étais en train de faire, à comment j'allais me sentir Noël prochain ou à mon anniversaire cet hiver. J'avais déjà commencé à avoir la gorge nouée tout à l'heure avant le décollage, en écoutant Wild World de Cat Stevens et alors que renoncer semblait encore possible. La même question me trottait toujours en tête:

"Est-ce que je fais le bon choix? Bon sang, est-ce que j'ai fait le bon choix?"
"Newspaper? Anyone?"
La voix de l'hôtesse faisait comme un carillon à travers les rangées de sièges de l'appareil.
"Newspaper? Anyone?"
L'homme à côté de moi en demanda un et je jetai une œillade discrète au gros titre du Monde

"A Gaza, la fin de la trêve approche, 5 morts dans l'explosion accidentelle d'un missile."

Et puis je me demandai de quoi je me plaignais, égoïstement, alors que des mères Palestinienne perdaient leurs enfants et que des gamines de 17 ans comme moi mourraient tous les jours sous les bombardements. J'étais à deux doigts de vivre le rêve de beaucoup de gens, j'ai beaucoup de chance de vivre cette expérience unique, et crois-moi lecteur, je compte bien en tirer parti.

Et puis est arrivée l'étape deux qui marquait le début d'un périple long et éprouvant. J'ai trouvé ma porte d'embarquement à New-York pour Washington et j'ai attendu près de 7 heures dans le hall, jouant aux cartes avec un Italien étudiant d'échange pour passer le temps. Et puis je suis entrée dans mon deuxième avion qui s'est avéré minuscule. Le vol était très court et quand je suis sortie, j'ai dû me dépêcher pour prendre mon troisième avion pour Savannah, Géorgie (moins d'une heure pour aller à ma porte d'embarquement et le terminal à l'autre bout de l'aéroport).
Quand je suis arrivée porte A3C mon vol n'était pas affiché sur les écrans, une dame a dû voir mes yeux rougis par la clim' des avions et mes cernes de mort vivant car elle m'a demandé :

"Are you okay?"

C'était la première fois qu'on me demandait si j'allais bien depuis 4h30 du matin, ça faisait du bien. Ensuite elle m'a demandé si je cherchais la porte pour Savannah et j'ai dit que oui. Elle m'a dit que elle aussi allait en Géorgie et que c'était bien là. Je me suis alors affalée sur le fauteuil à côté d'elle et j'ai dû lui raconter ma vie pendant au moins cinq minutes sans qu'elle ne m'ait rien demandé. Elle était ravie de voir que je venais de France et m'a dit que j'adorerais la Caroline du Sud.

J'ai donc pris ce dernier vol, je me suis laissée bercer par la voix de l'hôtesse qui répétait mélodieusement "You're on the aircraft for Savannah, Georgia, this is probably you're last flight, this is a really beautiful place to go, enjoy your stay." Il y avait beaucoup de turbulences sur ce vol, mais je m'en fichais, l'avion pouvait bien perdre une aile ou un réacteur, tant qu'il m'emmenait à Savannah, tout allait bien. Après ça, j'ai dû m'endormir pendant une heure et quand j'ai ouvert les yeux, le pilote annonçait l’atterrissage. 



J'avais le cœur qui battait la chamade quand je suis arrivée à l'aéroport et que de loin j'ai vu cinq personnes avec un sourire éclatant agiter des banderoles de bienvenue. 
J'ai donc rencontré ma famille d'accueil qui m'a fait un gros hug ainsi que ma coordinatrice et son mari qui m'ont eux aussi serrée dans leur bras. Ça faisait du bien un peu de chaleur humaine.
Après ça, ma coordinatrice m'a dit que je comprenais très bien et que je parlais bien anglais et ça m'a soulagé de faire bonne impression. Nous sommes montés dans la grosse voiture de ma famille d'accueil et nous avons pris la route pour Beaufort, SC. On a fait une pause car j'avais soif et tout le monde a ri quand Donald est revenu avec quatre bouteilles d'eau différentes dans les mains. Nous avons parlé dans la voiture et nous sommes arrivés à la base militaire de Parris Island. C'était assez surréaliste d'autant qu'un groupe de jeunes recrues avait pris le même avion que moi pour Savannah. Mon père d'accueil a suivi le car qui les emmenait à la base et s'est garé en retrait, au bout de la rue dans laquelle ils sont descendus. Une espèce de chef militaire leur a crié dessus et ils se sont tous mis en rang en répétant deux fois "Yes sir ! "

J'aimerais vous dire que j'ai bien dormi cette nuit-là, que la fatigue a eu raison de mon corps, mais ce n'est pas le cas. J'étais exténuée, il était deux heures du matin et je n'avais pas mangé depuis plus de 24 heures. La simple idée de nourriture me répugnait, alors. Mon estomac en a fait les frais et j'ai passé la nuit au-dessus de la cuvette des toilettes. Je vous passe les détails romantiques. Ajoutez à cela une panne de courant dans ma chambre qui a déclenché une alarme au-dessus de mon lit jusqu'à six heures du matin. Tout cela jusqu'à ce qu'un réparateur vienne réparer la clim et me lance un joyeux "Welcome to South Carolina" du haut de son escabot.

Bon, j'arrête de me plaindre et je vous parle de...

My first day in Beaufort


David résume plutôt ça bien, tout est si différent ici ! Une autre planète. Rien que la taille des routes pour traverser trois patelins c'est impressionnant !
A midi on a mangé dans un resto italien qui faisait de vrais paninis avec une pâte faite maison. C'était bon mais pour tout vous dire je n'avais pas faim du tout, pendant les trois jours qui ont suivi mon arrivée j'ai perdu l'appétit, la moindre vision de nourriture me donnait envie de vomir en fait. Les kilos en trop, c'est pas pour maintenant.

Bien, j'ai donc découvert Beaufort, Caroline du Sud, ce premier jour. Ma mère et ma sœur d'accueil m'ont emmenée voir le centre ville. A l'occasion de la mort de l'acteur Robin Williams, un drapeau était levé sur les quais.


Chantelle (ma host-mom) et Morgan (ma host-sister) m'ont emmenée voir les galeries de Beaufort, l'art est très répandu ici, et des centaines de tableaux, sculptures, photographies du Sud sont en vente dans de petites échoppes au centre ville . Nous avons aussi vu le pont sur lequel Forrest Gump s'entrainait à courir dans le film :



J'ai aussi de la chance car ma famille d'accueil semble faire attention à ce qu'elle mange et Chantelle prend un soin maladif à choisir des fraises au supermarché. C'est donc rassurant. 
Je les adore déjà, ils sont si chaleureux, si simples dans leur façon de se comporter, ils me mettent à l'aise et je sens que je m'adapte vite.
J'aimerais vous raconter tout ce que j'ai fait jusqu'à jeudi mais c'est vraiment long et je veux me concentrer sur l'essentiel, genre...

Le lycée


Cette espèce de truc immense digne des plus grands blockbusters américains. Quand nous sommes arrivées pour m'inscrire, les joueurs de football s’entraînaient déjà sur un terrain digne de la taille du parc de Versailles. 
Nous sommes entrées dans ce gigantesque bloc de briques qui abritait des corridors hauts comme les grottes de Lascaux.

Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie minuscule.


Et puis j'ai rencontré le directeur et la prof de français qui tenait AB-SO-LU-MENT à me rencontrer, et qui voulait AB-SO-LU-MENT que je sois dans sa classe parce que ça serait "Si béneyfique pouw ley z'autwes éleyves". Elle est trop mignonne, tout le monde est trop gentil ici.

(Quoi? Oui, Chantelle me prend TOUT LE TEMPS en photo).


Après ça j'ai choisi mes matières, à savoir: Psychologie/Sciences sociales, Maths, Français, Anglais, Espagnol, US History, Arts et Théâtre.

Et puis le soir j'ai rencontré tous mes profs (il y avait une soirée organisée par le lycée) et tout le monde était si adorable, chaleureux, vraiment, tous mes profs ont l'air géniaux. J'ai même rencontré le mari de ma prof de français qui lui était vraiment français et venait de Charente, on a donc parlé en français quelques minutes, c'était drôle, on était comme seuls au monde, parlant une langue que personne ne comprenait ici.
J'ai rencontré ma voisine qui prendra le bus avec moi, comme moi elle adore l'art et elle fera partie du Anime Club du lycée (oui Candice, c'est bien ce que tu penses, c'est un club où on regarde des animes et où on en discute après.) Elle est adorable, elle m'a fait une petite poupée en laine sensée me représenter pour me souhaiter la bienvenue.


Je n'ai pas pu rencontrer le coach de Cross country, ce cher Mr Pierce restait introuvable, mais je compte bien continuer de lui courir après (ceci est un jeu de mot nul). 
J'ai aussi pu rencontré Priscilla, une italienne étudiante d'échange avec qui j'aurai plusieurs cours en commun.


Tout ceci méritait bien une centième photo dans les couloirs du lycée!

J'ai aussi été acheté mon uniforme pour l'école:


Nous avons fini cette journée par un arrêt à la plage pour regarder le soleil se coucher:



Et voilà, lecteur, je suis choyée ici, et je me sens reconnaissante vis à vis de ces gens généreux qui s'occupent de moi, j'espère pouvoir leur donner autant qu'ils m'apportent.
A très vite.
Rendez-vous sur Hellocoton !


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