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LE XVIII°S CHAPITRE 24 : LA SCULPTURE NEOCLASSIQUE

CHAPITRE 24 LA Sculpture NEOCLASSIQUE

1. Les exigences de Winckelman font le la sculpture, au-dessus de la peinture, le genre noble par excellence. C'est dans la sculpture que doit se réaliser au mieux l'idéal néoclassique. Là, point de couleur, seulement de la forme, du noble contour, du pli mouillé. Là, l'"imitation" de la statuaire venue de Grèce doit trouver son accomplissement.


De tous les sculpteurs du XVIII°, Antonio Canova (1757 - 1822) est sans doute le plus caractéristique et le plus talentueux.






2. Toutefois, le néoclassicisme, avec ses règles strictes, est un carcan dont les artistes, plus précisément les sculpteurs (qui viennent de Pygmalion) ont du mal à ne pas se détacher.

a. Cela se fait par exemple au niveau des thèmes. Flaxman (ci-dessous) évoque la Folie d'un Hercule qui met à mort ses enfants.
D'une part, le thème est romantique et non néoclassique. La folie s'oppose entièrement au rationalisme, idéal du néoclassicisme.
D'autre part, Hercule apparaît ici comme l'opposé du Laocoon. On est loin de la maitrise stoïcienne des passions. A l'inverse la passion, le délire triomphe ici de la raison.
Le sujet de cette oeuvre n'est donc en aucune manière néoclassique, même si le visage d'Hercule rappelle avec insistance celui de Laocoon, même si l'attitude de la mère est en tous points comparable avec les poses qui sont répertoriées en parrallèle par Les Sabines de David


b. Cela se fait encore au niveau des figures. Pradier, ci-dessous, abandonne l'univers gréco-romain pour celui, oriental, exotique donc romantique de l'Odalisque.




c. Cela se fait enfin au niveau de la forme. On a vu Carstens, le sculpteur néoclassique, sculpter et dessiner des Parques hurlantes, incompatibles avec les canons de Winckelman : Laocoon ne peut pas crier.



Et bien Canova, le sculpteur néoclassique par excellence, reprend le thème de la folie d'Hercule dans un dessin puis dans un groupe sculpté.


Mieux, le peuple immobile et inanimé de figures diaphanes, Galatées retournées à leur primitive blancheur marmoréenne,
ce peuple frigidaire, Canova vers 1795, dans toute une série de dessins, va l'échauffer et l'animer de la brûlure de l'affect.


Dans le premier des trois dessins ci-dessous, deux univers conflictuels s'affrontent : celui, viril, des muscles et celui, féminin, des larmes. On a vu comment David, toujours, sépare le monde viril et vertueux de la raison de celui, féminin et faible, de la passion (Le Serment des Horaces, Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses Fils). Ici, Canova les regroupe de façon inconvenante pour l'idéal néoclassique.


Si, dans La folie d'Hercule, le groupe femme-enfants est bien séparé du groupe masculin, ce dernier met aux prises d'un côté la folie (Hercule), de l'autre certainement autre chose que la raison (puisqu'un enfant tente, avec un autre homme dont l'allure n'a rien de celle du héros néoclassique, d'empêcher le dément d'user de son arme contre sa propre famille). Conflit des passions.


d. L'expression.
S'il est une chiose que le néoclassicisme bannit, c'est bien l'expression. L'Apollon du Belvédère, est parfaitement inexpressif dans son "vêtement" marmoréen. L’expression qui sera au coeur du romantisme se fera par le retour à la chair. Et la chair se fera mouvement, affaissement. La forme néoclassique ne peut admettre l'expression. L'expression trouvera donc à se manifester dans le difforme. On voit comment la folie déforme le corps d'Hercule dans le dessin ci-dessous.



Qu'est devenu le contour noble ? Partout (dans les dessins ci-dessus) le corps est déformé, le ventre fait des plis. Qu'est devenu le pli mouillé ? Lui qui devait souligner la perfection du "noble contour", il change de fonction (voir ci-dessous) et commande au contraire la déformation du corps.


En sculpture, comme en peinture, le néoclassicisme connaît en fin de siècle sinon un déclin du moins une remise en question de ses valeurs fondamentales. Le romantisme va trouver sa place dans cette rébellion de l'imagination, de la passion à l'égard de la raison.













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