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L'ART GOTHIQUE (1) CHAPITRE 3 L'ARCHITECTURE GOTHIQUE

L'ART GOTHIQUE
CHAPITRE 3 : L’ARCHITECTURE GOTHIQUE
Jacques ROUVEYROL


Le roman, c’était le mur. Le gothique sera la négation du mur. Son remplacement par des cloisons de verre : les vitraux.

1 . L'ogive


L'invention de l'ogive, c'est faire en sorte qu'au point de plus forte pression de la voûte se trouve le moyen de renvoyer les forces vers "l'extérieur". La croisée d'ogive définit un point où se rencontrent deux arcs. La voûte pèse sur ce points, mais au lieu de peser vers le bas en une force directe, perpendiculaire au sol, elle pèse vers les côtés, les arcs se croisant en ce point recevant cette "pesée" et la dispersant vers quatre directions.

2 . La voûte d'ogive

La cathédrale gothique est un traité d’architecture. La regarder, c’est comprendre le jeu des forces en présence dans la voûte et sur les piliers.

Elle empunte deux formes : la voûte domicale qui fait comme une succession de dômes, la croisée d'ogive se faisant plus haut que le sommet des arcs formerets ou doubleau.



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Voûte domicale

La voûte segmentale obtenue par rehaussement des arcs formerets et doubleau pour les aligner sur la hauteur de la croisée d'ogive afin d'obtenir une voûte régulière



...............................................................Voûte segmentale3. L'élévation du mur.


Plusieurs solutions ont été tour à tour ou ensemble mises en oeuvre pour permettre l'élévation de l'église. D'abord l'arc formeret.

a. L’arc formeret
Noyé dans le mur, parallèle à la grande arcade qui borde la nef à chaque travée et ouvre sur le collatéral, il renforce la structure selon le principe plus haut exposé : rejeter les forces de part et d'autre et, de ce fait les diviser par deux, au lieu de les recevoir perpendiculairement.

b. L’amincissement des supports
Le renforcement du mur s'appuie également sur un autre mode de construction. A la construction appareillée qui prend la pierre au sortir de la carrière telle qu'elle y était intégrée (strates parallèles horizontales accumulées par le temps et qui la rendent "élastique"), on substitue la construction en délit qui renverse la pierre de façon à ce que les strates figurent verticalement. En résulte une rigidité (opposée à l'élasticité susdite) du support qui permet son amincissement et, du coup, un moindre poids.

 
c. Le premier gothique (XII°s) : Saint-Denis, Noyon, Laon, ND de Paris.

c.1.- Marienval : une église romane avec les premières ogives.

c.2.- Laon : typique du Premier gothique : les 4 étages : grandes arcades, tribune, triforium, fenêtre haute.
Le premier gothique donne souvent, à l'extérieur, l'apparence du parfait roman (Noyon, par exemple). Il se caractérise essentiellement par le développement de l'ogive, naturellement, de l'arc formeret et de la tribune. Celle-ci consiste à élever sur le collatéral un étage qui vient en appui du mur de la nef qui peut ainsi gagner en hauteur.


4. L'arc boutant et le gothique classique(1ere moitié du XIII°S)

L'apparition de l' arc boutant va permettre de se passer des tribunes. La voûte "pèse" sur les murs à chacun de ces côtés. La tribune renforçait les côtés. L'arc boutant va prendre les forces et les conduire à l'extérieur du mur dans la culée et, de là, vers le sol.
Débarrassé des tribunes, le mur va pouvoir s'évider davantage et se trouver remplacé par des cloisons de verre : les vitraux.


- Chartres, Reims, Amiens, Bourges, Le Mans.



(Extrait de Le Défi des Bâtisseurs - La Cathédrale de Strasbourg Arte 2012)

5 . L'arche de verre et le gothique rayonnant : (2° moitié du XIII°S)

Le mur ayant disparu, les "nervures" seules subsistent et, entre elles, les vitraux. La Sainte-Chapelle, dans l'Île de la Cité, à Paris, est un bâtiment de verre (comme on en construit encore aujourd'hui).
Nous sommes là aux antipodes de l'architecture romane centrée sur le mur de pierre. La rosace (un soleil qui rayonne, de là le nom donné au style de cette époque) est sans doute une des plus belles et convaincantes manifestations de cette architecture si élégante (au sens où l'on dit d'une démontration mathématique qu'elle est élégante).



6. Le vitrail

a. Caractères généraux : sa symbolique :
La cathédrale est sans doute une arche où se réfugient ceux qui veulent être sauvés. Mais elle est aussi la préfiguration de la Cité de Dieu. Comme telle, elle doit se présenter comme un écrin où abondent les pierres précieuses. Les couleurs des vitraux donnent à la lumière incidente, le reflet de telles pierres.
En outre, parce qu'il figurent souvent des saints, les vitraux sont comme la Cour des Seigneurs qui siègent avec Dieu, de part et d'autre du tabernacle où lui-même réside.

b. Son évolution :
L'évolution du vitrail nous apprend en outre quelque chose de capital sur sa signification. De petite taille aux couleurs peu vives à l'époque romane, il permet à un peu de lumière d'entrer dans l'église. Encore, par ses couleurs, transforme-t-il cette lumière.
A mesure que le mur régresse et fait place au verre, celui-ci intensifie ses couleurs (souvent "sombres" : bleu et rouge), en sorte qu'il n'entre pas plus de lumière qu'auparavant. On n'édifie donc pas les cloisons de verre pour éclairer davantage.
C'est que l'objet du vitrail n'est pas tant l'éclairage que la transmutation de la lumière terrestre en lumière céleste. Dans la Maison de Dieu, la lumière du soleil n'a pas sa place. Il y faut une lumière divine. Le vitrail est la pierre philosophale qui réussit cette transmutation.

7. Le gotique flamboyant(fin XIV° - XV°S)

Si dans le gothique classique on pouvait d'un coup d'oeil, suivant les nervures des colonnes et des arcs comprendre l'architecture de la cathédrale, dans le gothique flamboyant l'oeil se perd dans les dédales des nerfs dont la plupart n'ont d'autre fonction que décorative voire spectaculaire.
Flamboyant est dit ce gothique parce que les colonnes et les arcs, utilisant la contre-courbe, miment la grâce (qu'on dira maniériste au XVI° siècle) de la flamme qui s'élève. Style exotique et d'une grande légèreté dans lequel certains ont voulu voir une "décadence" du style gothique.



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