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INTRODUCTION

INTRODUCTION
Jacques ROUVEYROL

1 . Objectif général  : se familiariser avec l’art contemporain.

1.a. Le paradoxe :

Nous avons une grande familiarité avec les technologies contemporaines. L'avion, l'automobile mais encore la télévision devenue numérique, le téléphone portable multifonctions, l'ordinateur, l'internet, les logiciels les plus sophistiqués ne nous surprennent plus. Nous pouvons nous émerveiller de tant d'ingéniosité, de la rapidité d'évolution de ces technologies, mais elles nous sont familières.

En revanche, l'art contemporain s'offre à nous sous les auspices de l'étrangeté. Il nous apparaît trop souvent comme incompréhensible. Il y a là un paradoxe. Nous sommes de notre temps pour la technique, d'un autre temps pour la production artistique.

1.b. Le moyen de nous familiariser :
Il faut partir d’un art qui nous soit aussi étranger que l'art contemporain. C'est le cas de celui du Moyen-Âge.
Il y a une fausse familiarité de l’art médiéval. Il subsiste auprès de nous. Pas un village de France qui n'ait son église du XII° ou du XIII° siècle. Les châteaux médiévaux peuplent aussi nos campagnes dans leurs parties escarpées.
Pourtant, il est empreint d'une véritable « étrangeté ».

2. Le préjugés.

2.a. Le Moyen-Âge comme âge obscur.

a. L’Antiquité nous est familière via la Renaissance. Celle-ci a remis à l'honneur aussi bien la sculpture que l'architecture grecque ou romaine. La mythologie est venue sinon remplacer du moins rivaliser avec la Bible comme source des réalisations artistiques

b. Notre base esthétique est l’art de la Renaissance. C'est la perspective apprise au cours de "dessin" (avant que les arts plastiques ne viennent le remplacer à l'école). C'est les mille et une oeuvres qui ornent nos plus grands musées. C'est la publicité qui emprunte à la peinture (comme à la musique) des modèles. Notre regard est entièrement "informé" par l'esthétique née à cette période et conservée jusqu'à la fin du XIX° siècle. Notre regard est du XV siècle.

c. Dès lors, le Moyen-Âge est perçu comme un chaos culturel, une « parenthèse » entre Antiquité et Renaissance.

2.b. Le Moyen-Âge, véritable base de notre culture.
Pourtant, et c'est là un nouveau paradoxe, l'antiquité est en réalité un monde qui nous est étranger. La Renaissance n’est qu’un aménagement du monde médiéval.
Le « paysage français » est médiéval plus que renaissant. Notre culture est chrétienne : calendrier des fêtes, des saints ; nos valeurs morales sont chrétiennes. L’Ecole nous vient du Moyen-Âge (Charlemagne et Alcuin, son "ministre" de l'éducation). Le tracé de certains quartiers de nos villes date du Moyen-Âge. Bien des villages de campagne, vus d'un peu loin, ont un aspect qui n'est guère différent de celui qu'ils avaient au Moyen-Âge.

2.c. Le préjugé romantique.
Cette apparence d'âge obscur pris dans nos esprits par le Moyen-Âge vient aussi du romantisme du XIX° siècle. Celui-ci se nourrit de « forces obscures » : c'est le génie romantique dans le Roman gothique. Le Moine de Lewis en est une belle illustration. Mais aussi bien le Faust de Goethe.
La fascination des ruines qui caractérise le romantisme est plus tournée vers les ruines du gothique que vers celles de Pompeï, d'Herculanum, du Forum romain ou de l'Acropole athénienne.

2.d. Le préjugé « moderne »
Il y a encore, pour nous rendre étranger le Moyen-Âge, un préjugé moderne concernant l'architecture. Celle-ci, depuis Le Corbusier est fonctionnaliste. La fonction d'un bâtiment ou d'une de ses parties doit pouvoir se lire dans sa forme, immédiatement. Ce ne serait pas le cas dans les églises médiévales (ce qui est une erreur puisqu'au contraire, au plus fort du gothique classique la cathédrale se donne pour un véritable traité incarné d'architecture).

2.e. Le préjugé de la beauté.
On peut entrer dans une église et trouver belle la voûte, beaux les chapiteaux ou le tympan du portail. C'est là un jugement anachronique. La sculpture romane n’est pas « belle ». Ne cherche pas à l'être. La juger telle, c'est la voir avec des yeux renaissants. Et ce préjugé est un obstacle de plus à la compréhension de l'art de cette époque. Car on dira aussi que telle sculpture n'est pas belle puisque le corps y est déformé, mal proportionné (non conforme au Canon grec). Mais, encore une fois, ce n'était pas la visée de l'artiste que la beauté.

3. L’effort nécessaire pour comprendre.
Il faut donc faire un effort pour comprendre le Moyen-Âge. Exactement comme il faut faire un effort pour comprendre l'art contemporain. C'est la similitude de ces efforts qui justifie que ce cours au lieu de commencer par l'antiquité commence par le Moyen-Âge. Le même travail est à faire pour accéder à l'un comme à l'autre.
A ces deux efforts, nous allons nous employer tout au long de ces cours qui tenteront de caractériser les périodes et les courants artistiques plus par ce qui les distingue que par ce qui les rapproche, démarche nécessaire en période d'initiation.

JR

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